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Les institutions financières françaises utilisent la DeFi

Virgile Heuraux
4/4/2024
3 min de lecture

À travers le monde, il y a de plus en plus de nouvelles entreprises qui intègrent la technologie de la blockchain pour proposer de nouvelles solutions à leurs utilisateurs, mais aussi s’ouvrir à un nouveau marché.

Rien qu’en France, on peut trouver un certain nombre d’exemples comme Carrefour qui utilise la blockchain pour la traçabilité, Lacoste qui a émis une collection de NFTs ou encore la Française des Jeux qui cherche à numériser les jeux d’argent.

Les cas d’usage se multiplient dans tous les secteurs. Du coup, qu’en est t’il de l’adoption de la finance décentralisée (DeFi) par les institutions financières ?

Pour l’édition de cette semaine, nous verrons que même si les institutions financières sont discrètes, elles sont très intéressées par l’adoption de la DeFi :

Les institutions qui s'intéressent à la DeFi

Rien qu’en France, on peut citer deux institutions qui se sont érigées comme leaders dans l’exploration de la finance décentralisée.

La première est Forge, une filiale de la Société Générale qui a déjà réalisé plusieurs expérimentations remarquées dans l’écosystème au cours de l’année 2023 :

  • Forge a emprunté $7 millions de DAI sur l’émetteur de stablecoins MakerDAO.
  • En milieu d’année, la filiale a lancé un stablecoin euro appelé “CoinVertible (EURCV)”. Son lancement a été très critiqué par la communauté, sauf que son utilisation était destinée à d’autres institutions financières.
  • En fin d’année, Société Générale émet une obligation verte de €10 millions sur Ethereum, dédiée à des projets d’investissements environnementaux.

La seconde est la banque Delubac & Cie, une banque réputée pour participer activement à l’adoption des cryptoactifs, et plus particulièrement aux études de l’ADAN.

De plus, Delubac a permis d’ouvrir des comptes bancaires pour de nombreux projets blockchain, à une période où ces derniers avaient beaucoup de difficultés pour en obtenir.

Même au-delà des institutions financières, les régulateurs français se penchent aussi sur la question, en particulier l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) qui a échangé avec de nombreux projets de finance décentralisée dans le but de créer la réglementation la plus appropriée pour ce secteur.

Pourquoi elles s'intéressent à la DeFi

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Si les institutions s'intéressent à la DeFi, c'est tout d'abord car une réintermédiation est nécessaire. Cela paraît contre-nature étant donné que la blockchain a été créée pour réaliser des échanges sans intermédiaire.

Et pourtant, l’étude de l’ADAN (image ci-dessus) montre que plus de la moitié des détenteurs de cryptoactifs les détiennent via des plateformes d’échange. De plus, 23% des Français se disent prêts à changer de banque pour accéder à des services sur crypto-actifs. Ce qui prouve que les futurs utilisateurs de la DeFi utiliseront des intermédiaires.

Une autre raison est la gestion des risques financiers. En tant que financier, on cherche à obtenir le meilleur rendement au moindre risque. Mais dans la finance décentralisée, on cherche à obtenir le meilleur rendement peu importe le risque.

Et c’est un problème, car il y a beaucoup de rendements exceptionnels mais il y a peu de gestion de risque appropriée. Les institutions financières peuvent apporter une véritable expertise dans ce domaine.

Empêcher le blanchiment d’argent. Peu importe la technologie utilisée, on veut empêcher l’argent sale de circuler. Les institutions comptent sur la transparence de la blockchain pour identifier les flux économiques illicites, mais elles peuvent aussi compter sur la DeFi pour développer des solutions permettant d’isoler ces flux.

Ainsi, on a vu l’expression “Fintech in the Front, DeFi in the Back” émerger au cours des dernières années. Elle signifie qu’on peut imaginer un avenir dans lequel on continuerait d’utiliser les applications financières telles qu’on les connaît aujourd’hui, à la différence qu’elles utiliseraient la blockchain comme base technique pour construire leurs services.

Il reste beaucoup à construire

Si la finance classique fait beaucoup d’expérimentations et qu’elle voit beaucoup d’intérêts dans la DeFi, pourquoi est-elle aussi réticente à l’idée de s’y lancer pleinement ? Parmi les motifs qu’on peut citer, il y en a quatre qui reviennent le plus souvent :

La sécurité des protocoles. Chaque année, il y a des dizaines de protocoles DeFi qui se font hacker de nombreuses façons différentes. Cela peut être un hack de smart contract, un hack d’interface web, ou encore des comptes multi-sig qui se font compromettre.

Quoi qu’il en soit, les pertes des utilisateurs se comptent en milliards de dollars chaque année. il y a donc besoin de fixer des standards de sécurité sur tous les aspects des protocoles.

Maturité de l’infrastructure. Les institutions financières ont l’intention de choisir une infrastructure blockchain pour y rester pendant plusieurs décennies. Même si Bitcoin et Ethereum sont les blockchains les plus éprouvées, elles n’ont pas encore atteint le stade qui leur permet de proposer de telles garanties.

Maturité de l’écosystème. Les protocoles de référence tels que Uniswap, MakerDAO ou Aave attirent déjà l'œil des institutions financières car ces derniers ont prouvé leur sérieux et leur résilience.

Cependant, nous sommes dans un secteur où il y a beaucoup d’expérimentations et beaucoup d’innovations d’une année sur l’autre. Pour la finance traditionnelle, c’est comme bâtir une forteresse sur des sables mouvants.

Le flou juridique. Le règlement MiCA qui sera mis en vigueur fin 2024 ne concerne pas la finance décentralisée, et les institutions financières sont très frileuses à l’idée de s’aventurer dans les flous juridiques.

En revanche, une extension de MiCA concernant la DeFi verra le jour au cours des prochaines années. Une fois ce règlement mis en vigueur, les institutions viendront.

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